La galette des rois

 

La galette des Rois, telle qu’elle existe dans nos régions depuis des siècles, évoque clairement un disque solaire, sur lequel les rayons sont bien tracés.

Il est fondamental que la galette ait bien levé, tout l’espoir de vie nouvelle est placé dans cette montée symbolique de la sève. La frangipane qui fourre généralement la galette est aussi importante. Cette farce épaisse et onctueuse est composée d’une grande quantité de pâte d’amandes, liée par de la crème, des œufs, du beurre et du sucre. L’amande est un fruit sec savoureux et onéreux. Sa forme évoque aussi un symbole érotique féminin, une vraie image de la fécondité. Cette préparation demande des réserves alimentaires bien fournies, que le garde-manger peut encore fournir en ce début d’hiver.

Le texte de l’Evangile parle de Mages, et non de Rois, venus adorer l’enfant Jésus. La tradition en a fait des rois au Moyen Âge, à l’époque ou le Pape et l’Empereur du Saint Empire Romain germanique s’opposaient sur des questions de prééminences. L’idée que les Mages soient aussi des Rois et viennent s’agenouiller devant l’enfant Jésus servait la cause de la papauté. Cette dimension de la tradition est seulement politique et contextuelle.

Galette des Rois

Galette de la boulangerie-pâtisserie « Goossens » (avenue Jules de Trooz, 25 – Woluwe-Saint-Pierre)

Pourquoi une fève ? 

Les fêtes des Saturnales dans l’Antiquité romaine se déroulaient durant plusieurs jours à cheval sur le solstice et se terminaient déjà par des agapes familiales. L’idée de dissimuler une petite fève dans un gâteau et de tirer au sort le bénéficiaire de cette part porte-bonheur existait déjà. Comme les enfants sont estimés innocents et sans malice, le plus jeune de la famille, caché sous la table, devait attribuer au hasard les parts de gâteau aux membres de la famille, sans voir la taille de la part ni la petite fève si elle apparaissait déjà au découpage.

Les fèves à l’origine étaient de vrais petits légumes secs, fort appréciés durant l’Antiquité. Comme il était trop fréquent de les avaler par distraction, ou volontairement pour éviter de « payer la tournée » que le roi d’un jour doit à l’assemblée, elles ont été peu à peu remplacées par des fèves en porcelaine dès la deuxième moitié du XIXème siècle. Dans les années 1950 du XXème siècle, les fèves en plastic sont apparues. Elles n’ont toutefois jamais eu le prestige des fèves en céramique qui font maintenant le bonheur de collectionneurs très assidus.

Geneviève Lacroix