La bûche et les gâteaux de Noël

 

Le solstice d’hiver est la nuit la plus chargée d’émotions et de traditions de l’année. Toutes les peurs s’y rencontrent. Peur du noir, de la nuit, de l’entrée dans l’hiver, de la paralysie de la roue du temps.

Tous les espoirs aussi s’y retrouvent. Le solstice touche à sa fin, et dès le 25 décembre, les jours rallongent. L’espoir est concrétisé par la fête de la Nativité, et auparavant, par les Saturnales, la fête de Mithra, du Soleil Invaincu, de la bénédiction des campagnes… Se rassembler autour d’une bonne flambée rassurante, en famille, reformer le cercle, raconter les légendes et les histoires familiales était essentiel pour accompagner ce passage délicat de la nuit la plus longue. La bûche la plus grosse était réservée à cette veillée exceptionnelle. Elle était porteuse de tous les espoirs. Il fallait qu’elle dure longtemps, réchauffe l’assemblée et augure une année lumineuse et féconde.

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Chaque région a ses propres gourmandises à partager en famille pour veiller, tenir jusqu’au lendemain, réveillonner pour voir ensemble poindre la lumière du jour qui annonce le rallongement de l’ensoleillement. Le jeûne de l’Avent prend fin le 24 décembre à minuit, les gourmandises sucrées sont donc disponibles dès les premières minutes du 25 décembre, souvent dès le retour de la messe de la Nativité. La généralisation du chauffage domestique, la raréfaction des âtres et des flambées de bois dans les intérieurs urbains du XIXème siècle créent une nostalgie de la veillée de Noël autour de la bûche.

Dès les années 1870 à Paris, des pâtissiers s’emparent de ce nouveau marché baigné d’un début de régionalisme propre aux citadins déracinés. Aucun livre de cuisine, bourgeoise, ménagère ou prestigieuse de la fin du XIXème siècle ne mentionne la bûche, alors que le poudingue (sic) anglais y a déjà sa place. Parmi les gâteaux traditionnels de Noël, citons entre autres le « Kougelhopf » en Alsace, le « panettone » en Italie, le « Christstollen » en Alsace et Lorraine ou « les treize desserts » en Provence.

Geneviève Lacroix