Le cougnou : les origines

 

Les petits pains briochés en forme de bébé emmailloté que l’on offre entre la Saint-Nicolas et Noël en Belgique et dans le nord de la France, ont une parenté universelle.

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Cougnou de chez « Gâteau » (Etterbeek)

 

Les gâteaux figuratifs sont nombreux dans les traditions européennes liées au calendrier agricole. Le mennele d’Alsace, les bébés bulgares, les gingerbread-men anglais… sont aussi des petits pains briochés ou des biscuits anthropomorphes modelés à la main. Ils représentent à la fois l’enfant Jésus qui vient de naître et la fécondité exaltée aux alentours du solstice d’hiver – la période la plus anxiogène du calendrier agricole. En cette fin d’automne, les provisions sont encore généralement abondantes. Améliorer le pain par du beurre, du lait, quelques fruits secs et un peu de sucre le rend plus festif.

Plus récemment

Lors des campagnes d’évangélisation extra-européennes, les Chrétiens ont dû convaincre des « anthropophages » de la supériorité de la foi chrétienne. Ces « mangeurs d’hommes » agissaient de la sorte pour plusieurs raisons religieuses et symboliques très développées. Les évangélisateurs, horrifiés, ont tenté d’expliquer combien cette pratique était réprouvable. Lors de l’Eucharistie, les fidèles « mangent » en effet le corps du « Fils de notre Seigneur », sacrifié par des hommes, et on boit son sang de manière symbolique et non factuelle. Cela ressemblait théoriquement trop aux sacrifices humains réels pratiqués par ces communautés pour qui tout était aussi baigné de symboles et de surnaturel.

Geneviève Lacroix